1 - Hendaye, 0 m - Olhette, 65 m
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Hendaye - Banyuls, la grande traversée, par Gérard Filoche.
1e partie : Hendaye - Gabas
    1 - Hendaye, 0 m - Olhette, 65 m
Extraits du livre.

Dénivelé + 788 m. Dénivelé – 703 m. 22 km

Au petit matin, alors que le soleil colore déjà la campagne, nous sommes en Aquitaine. L'Ile de France est loin derrière le ruban métallique qui nous mène au Pays Basque.

Les villes se succèdent : Dax, Saint-Jean-de-Luz et enfin Hendaye, notre destination. Il est 7 h 30. Nous prenons pied sur le sol pyrénéen. Il faut quand même reprendre rapidement nos esprits quelque peu embrumés par la nuit en train et à la première occasion, nous nous offrirons notre petit déjeuner. Mais d'abord l'océan.

Il fait un grand soleil. La première consultation de la carte est effectuée juste devant la gare, pour un petit repère. Histoire de ne pas perdre le nord. Mais où est donc la plage ? Au saut du train, je réfléchis déjà fort, car ce n'est pas clair, ni dans ma tête, ni sur la carte. Visiblement, la bonne direction est à droite. Après un geste évasif de ma part, mes amis partent d'un bon pas, mais je m'interroge encore et toujours ! J'ai comme un doute qui me laisse perplexe. Tout en marchant, je consulte à nouveau la carte. Après une analyse rapide mais néanmoins approfondie, visiblement dopé par l'air marin, je m'aperçois que nous ne sommes pas à la gare que j'avais repérée sur la carte. Eh oui, deux " gares " sont notées à bonne distance l'une de l'autre. Stop, demi-tour les copains, la plage est de l'autre côté. Bon, ça va, mes amis encaissent bien le coup. Heureusement nous n'avions parcouru que 300 m. Cela fera quand même le double pour revenir au point de départ. Bof, ce n'est que le début.

L'océan est tout de même à 45 mn de marche, mais je tiens à partir du bord de la plage. Nous trouvons les premières marques rouges et blanches du GR10, que nous emprunterons tout à l'heure dans le bon sens.

Pour traverser les Pyrénées, il faut partir de l'Océan ! C'est symbolique.

Nous voilà sur le rivage, le ciel est lumineux, l'océan limpide, nous posons le pied sur le sable empreint d'une certaine fraîcheur. La marée monte doucement et déjà quelques baigneurs courageux goûtent aux bienfaits de la mer, il faut dire que c'est très tentant car il fait déjà doux en cette heure matinale. Nous résistons courageusement à l'envie de plonger. De cette plage, je prends quelques photos des premiers pas de ce périple.

Les derniers rangements du sac à dos sont effectués. Nous nous équipons plus légèrement, le sac s'en alourdit d'autant.

Je prélève un peu de sable et d'eau de mer dans les petits flacons apportés spécialement, je les reverserai à Banyuls, plus tard, bien plus tard, quand la traversée sera terminée, dans quatre ans peut-être ?...

… Ces premiers pas donnent une curieuse impression. Un mélange d'enthousiasme et de crainte d'entamer cette traversée. Il faut surtout se déconnecter de notre trajet ferroviaire qui nous a ainsi amenés vers ce massif. Voici le port, nous retrouvons notre GR10 et sa célèbre marque rouge et blanche. Soit dit-en passant, nous n'avons pas vu le casino. Il est 9 h 45. Le soleil s'est paré de ses plus beaux rayons, il commence même à faire chaud. A la sortie d'Hendaye, les premiers contreforts du Pays Basque sont là, verdoyants et vallonnés. Le vert est la couleur qui frappe le plus. Il est vrai qu'il fait parti du drapeau de ce Pays… Le temps s'écoule doucement comme dans un rêve. Il faut rôder les machines. Nous trouvons sur notre chemin un couple de jeunes randonneurs, que nous croiserons un bon nombre de fois au cours des jours suivants. Ils sont bien plus chargés que nous et portent leur nécessaire de couchage, allez, bon courage !

Cette première journée s'annonce rude après une nuit en train, en outre, une chaleur écrasante nous accompagne en cette matinée… Un peu avant treize heures, nous atteignons le col des Joncs à 419 m d'altitude, il est large et plat. Il offre une vue superbe sur les villes côtières et les Landes. Il est bon de faire une pause déjeuner dans les sous-bois, à l'abri du vent…

…Nous arrivons donc au gîte d'étape à 17 h 45. C'est une grande ferme en parfait état, agrémentée d'un superbe hébergement tout à côté. Ce gîte refait à neuf est vraiment très agréable. La première douche, puis détente pour tout le monde. Les premières douleurs sous les bretelles du sac à dos ont fait leurs apparitions, la routine quoi !

Le repas est à 19 h. Dans la salle commune de la grande maison, nous partageons le repas avec un autre randonneur originaire de la région Lyonnaise. Il termine son parcours demain depuis le village de Gabas où nous allons...Il nous raconte quelques étapes, dont certaines qu'il était bienheureux d'avoir réalisées dans son sens plutôt que du nôtre, du fait de la difficulté de certains passages. Encourageant !!!

Cette première nuit en gîte sera bien plus sereine que celle du train.

Après cette première journée de randonnée dans la foulée du voyage, la réflexion qui s'impose est d'éviter cela à l'avenir. Il vaut mieux s'accorder une nuit de repos avant de commencer la randonnée...




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