4 - Bidarray, 150 m - St.Etienne de Baigorry, 162 m
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Hendaye - Banyuls, la grande traversée, par Gérard Filoche.
1e partie : Hendaye - Gabas
4 - Bidarray, 150 m - St.Etienne de Baigorry, 162 m
Extraits du livre.

Dénivelé + 894 m. Dénivelé – 882 m. 15 km

La nuit fut assez, voire très calme et les fêtards promis ont été discrets, dixit la tenancière. Traditionnellement, la fête doit se dérouler jusqu'à 2 heures du matin, puis les fêtards partent en voitures jusqu'au col Méhatché pour en revenir vers 6 heures accompagnés de klaxon !!! Donc, les confettis rencontrés à ce col la veille étaient sans doute les éclaireurs de la fête, car à l'heure actuelle il devrait y en avoir une ou deux couches supplémentaires.

Nous partons à 8 h 30 et remontons la petite route très en pente qui mène au village. Cette montée nous a sans doute aussi découragé de revoir le fronton hier soir.

Le soleil est haut et les somptueuses crêtes d'Iparla sont devant nous. Après une montée tranquille, petite halte sur un replat à 450 m d’altitude. Deux itinéraires sont possibles : soit directement par les crêtes, soit par un joli sentier en balcon qui contourne la montagne. A voir les deux randonneurs devant nous qui peinent sur le sentier des crêtes, nous préférons faire un peu plus de longueur en contournant la montagne et musarder jusqu'à la bergerie que l'on aperçoit au col.

Ce parcours décrit ainsi une somptueuse boucle. Arrivés sur le replat formant le premier coude du chemin, nous découvrons d'anciennes bergeries bien délabrées par le temps et qui dressent leurs pierres érodées vers un ciel azur. Nous faisons halte. Là, le paysage est déjà merveilleux, comment sera-t-il là haut, au col d'Iparla ?

Par ce chemin, l'accès est plus long, mais quel bonheur d'être là. C'est un long col qui n'en finit pas, mais où chaque pas fournit son lot de découverte. Pour exemple : un berger et son troupeau de brebis débouchent de nulle part entre Michel et moi, à croire qu'ils sont pressés car ils disparaissent aussi vite qu'ils sont apparus. Une vision ? Non, non.

Au cours de notre progression, non loin du col, nous rencontrons un gros troupeau de brebis. Certaines dorment tranquillement sur un promontoire rocheux au bord du précipice, d'autres sont au milieu du chemin et ne bougeront pas à notre passage, sans oublier ces vautours qui par dizaines tournent sans cesse en silence. Certains nous survolent de bien près. Le regroupement de ces grands rapaces est très impressionnant, un des plus importants de la chaîne.

A 1044 m, le col atteint. Il est 13 h. Le pique-nique est décidé. Le paysage est difficilement imaginable. Le regard englobe (en tournant la tête) un panoramique qui s'étend d'Hendaye au pic d'Anie.

Au point culminant où nous sommes, la frontière se dessine curieusement. En effet, il n'y a pas de chaîne continue entre l'océan et le pic d'Orrhy, mais seulement des chapelets de collines orientés en tous sens, d'altitude voisine. Vers la mer, le regard croise l'Espagne en deux points que l'on peut suivre sur la carte. Vers Biarritz, petite tache, l'océan apporte un bleu pastel sur l'horizon et plus loin encore, la côte landaise trace sa ligne toute droite avec ses plages si caractéristiques. Devant nous, la forêt landaise dans son intégralité et à droite, au loin, les montagnes béarnaises. Quasiment tout le sud-ouest de la France est devant nous.

Alors que nous sommes sur le côté prairie, le chemin n'est qu'à quelques mètres du précipice. Après cet enchantement, nous redescendons vers le col d'Harriéta 808 m…

… Du fait de l'heure avancée, augmentée du petit détour avant les crêtes et sachant qu'il reste encore 4 h 30 de marche avec deux cols à remonter, au col d'Harriéta, je décide de prendre le chemin balisé en jaune qui raccourcit plus que confortablement la journée. Le temps sera ramené à 2 h jusqu'au gîte, ce qui nous fera arriver tout de même vers 18 h.




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