18 - Viellettes, 1075 m – Cauterets, 913 m
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Hendaye - Banyuls, la grande traversée, par Gérard Filoche.
2e partie : Gabas - Les Granges d'Astau
18 - Viellettes, 1075 m – Cauterets, 913 m
Extraits du livre.

Dénivelé + 1167 m. Dénivelé – 1329 m. 18 km

Col d'Ilhéou ...Ce matin, l'ouverture des paupières est à 6 h. Le ciel est bien dégagé, mais l'on peut deviner que les nuages au loin, risquent de nous gâcher ce beau temps. C'est le troisième jour. Le plus difficile pour la condition physique dit-on ! Cela promet. Nous allons prendre notre petit déjeuner. Il faut reconstituer nos forces. C'est encore une longue étape qui nous attend et un col qui pointe à 2242 m pour ne pas changer…

…Après les aux-revoir, il est 7 h 15 lorsque nous partons vers la journée « Ilhéou » du nom du col, du refuge, du lac. C'est facile avec un nom comme cela de faire des jeux de mots. Certains ne s'en privent pas, du genre :

- "Il est où ce col ?", "c'est par où ?", "il est où ce lac ?", Puis bien plus tard et avec beaucoup moins de verve :
- "Il est où le gîte ?". Voilà, il fallait en passer par là…

…Premier objectif, le lac d'Estaing, à 45 mn. Le chemin qui nous y emmène prépare la journée. Une bonne mise en jambe. Comme prévu, le soleil joue à cache-cache avec les nuages. Nous arrivons aux abords du magnifique lac, les appareils photos sont prêts. Tout y est, le cadre, les barques colorées, les vaches au lointain, les reflets, mais pas le soleil…

…La montée en sous-bois est rude, mais ce matin, nous sommes efficaces...Le temps est très agréable pour marcher, à peine 15°. Rien à voir avec les premiers jours. Nous débouchons rapidement dans les pâturages. Le spectacle est comme dans une toile de Rosa Bonheur : enchanteur. Une large vallée, de hauts sommets enneigés, un torrent tumultueux, des troupeaux et tout au bout, le col ; alors là, il faut respirer un grand coup et s'imprégner de ces instants magiques. Plus tard et encore bien plus tard, même lorsque chemins et circonstances ne seront pas aussi merveilleux, je penserai : " J'y étais "…

…La montée de ce col d'Ilhéou est donc à déguster sans modération. Les sonnailles résonnent au gré des troupeaux. Sur notre chemin deux superbes juments semblent venir à notre rencontre. Elles sont ici chez elles et compte tenu de leur gabarit, ils nous semblent plus opportuns de les laisser passer. Elles se laissent caresser et flatter. De bien beaux animaux. Nous leur offrons un morceau de pain en guise de friandise. Mais elles ont bien senti la pomme dans mon sac à dos, les filous !!...

…Le col d'Ilhéou…est là ! 2242 m et il est 12 h 45. Un vent assez fort fraîchit l'air. Nous sommes obligés de faire la pause, abrités derrière un gros rocher. De nombreux névés persistent encore. De ce coté, la vallée est aussi belle. Nous apercevons encore des troupeaux. Pourvu que cette fois-ci, les brebis soient coopératives avec notre photographe, j’ai des choses à me faire pardonner. La descente se poursuit par un magnifique chemin en balcon. Un de plus. Il domine le site et surplombe d'un impressionnant vide, la vallée qui plonge vers notre gîte de ce soir. Le lac et le refuge ne sont plus loin. L'endroit est beau mais un peu austère…

Col d'Ilhéou …C’est que nous ne sommes pas arrivés !! Cauterets : 3 h indique le panneau du GR10. A la montre, il est 14 h 45 et 1329 m sont à descendre pour prendre la douche…1 h 45 se sont écoulées depuis le col. Nous apercevons les premiers équipements d'hiver de Cauterets. Le GR10 a quitté les éboulis et se poursuit par un sentier en balcon. Le torrent est maintenant tout proche. L'heure de la pause a sonné… Allez, ce n'est pas tout ça, ne laissons pas l’indolence nous envahir, il y a encore un bout. A partir de là, la fatigue accumulée commence à se faire sentir dans les jambes. Et en bas, au loin, mais vraiment au loin, Cauterets. Cela parait interminable…Nous descendons encore et encore. Les genoux de Francine sont au bout " du rouleau " mais pas au bout " du chemin ". En pensant à son futur voyage en Patagonie, sous ce soleil de plomb et malgré les 2532 pas qu'il lui reste à faire, le délire lui prend soudain la tête et un jeu de mots aussi imprévisible qu'hilarant bondit hors d'elle : " J'ai les pattes à l'agonie " Voilà ! Oui, je sais..., mais elle est pardonnable et pour cela nous en ferons notre phrase du jour. Il est pratiquement 17 h 30 lorsque nous entrons dans le village…

…Pendant que mes compagnons prennent tour à tour leurs douches, je vais aller faire quelques courses de réapprovisionnement pour demain. Même pas le temps de déguster une bière !! A mon retour, il me restera juste 20 minutes, pour prendre ma douche avant le repas.

Une table de trois nous attend. Une quatrième assiette est mise ! Ah ah !! Peut être, une jolie randonneuse solitaire viendra-t-elle se joindre à nous ? Bon, il faut se rendre à l'évidence ce n'est pas du tout le cas. Notre très aimable et courtois quatrième convive est visiblement un homme d'église, retraité sans aucun doute, en cure à Cauterets. Normand, il voue une passion sans bornes pour la " Merveille " de sa région qu'est le Mont saint Michel et reconnaît entretenir une rancœur tenace vis à vis de la SNCF pour les retards permanents sur ligne qui dessert Avranches, sa ville, distante de quelques km.

Madame SNCF, faites quelque chose...




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