22 - Orédon 1852 m
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Hendaye - Banyuls, la grande traversée, par Gérard Filoche.
2e partie : Gabas - Les Granges d'Astau
22 - Orédon 1852 m
Extraits du livre.



L'orage ...Comme prévu, nous allons rester 2 jours ici. L’année dernière, notre journée de repos était à 10 jours du départ, un délai un peu long. L’expérience aidant, j’ai choisi cette halte située à peu près à mi-parcours. Son environnement agréable au milieu de cet espace lacustre en fait un choix plus qu'accueillant. De toute façon, j’avais prévu de longue date l’arrêt à cet endroit quitte à modifier le parcours. C’est surtout l’occasion de faire découvrir à Francine et redécouvrir à Gérard cette merveilleuse, prodigieuse, incomparable, extraordinaire, fabuleuse, admirable, magnifique, superbe, splendide, réserve du Néouvielle. (Et chauvin avec ça)…

…Ce matin, à l’aube de ce nouveau jour, le temps a enfilé son costume des mauvais jours, il grogne, pleure et éternue. Certes, pour une journée de repos c’est (presque) idéal, mais nous n’allons pas rester enfermés toute la journée. Dehors, le temps continue son mauvais caractère. La pluie a cessé, mais les sommets s’ennuagent et s’embrument en fonction du vent qui s’est renforcé. Le lac en est tout fripé voire froissé. Nous décidons de prendre le vent du large avec provisions à bord. Nous irons vers les Laquettes…

…Vers 12 h, nous passons les balises nous menant vers le large. Quelques provisions dans les sacs et surtout les vêtements de pluie, car à force de s’ennuager et de tousser, la montagne a fini par s’enrhumer pour de bon. Le vent malgré tout modéré jusqu’à présent a passé un degré supérieur qui n’annonce rien de bon. Il ne pleut pas, pour le moment. Mais le le ciel nous guette du haut de ses turbulences. A peine 400 m effectués que les nuages pleurent toutes leurs larmes de leurs corps vaporeux…

L'île des Laquettes …Nous arrivons à la première des deux Laquettes. Qu’il fasse beau ou moins beau, elle est toujours enchanteresse. Les tons changent en fonction du climat et des saisons. Maître Météo avait prévenu d’un " temps chaotique " son terme préféré. Là, il ne se trompe pas, c’est plus que cela. Son élève bougonne, grommelle, gronde, vocifère, rage, orage oh désespoir ! Le paysage se brouille sous les bourrasques…

…Maintenant, les nuages se maquillent en obscurité, l’orage est très proche, la pluie battante frappe déjà les flancs de la montagne de Cap de Long. Dans quelques secondes, elle sera sur nous. Je cherche un abri dérisoire, car à part les pins et les aulnes, peu de solutions s’offrent à nous. C’est vrai, sous l’orage, il ne faut jamais se mettre sous un arbre, raison de plus isolé. Ici, ils sont nombreux et l’orage ne passera pas au-dessus de nous. Nous pouvons compter ! L’éclair...…1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 secondes et le tonnerre, soit à peu près 2100 m de distance, 7 fois la vitesse du son dans l’espace (E=mc2) Merci Albert. La pluie redouble. Sous notre abri et nos protections, il ne mouille pas. Mieux vaut rebrousser chemin, le pire n’est peut être pas encore passé, on ne sait jamais…

…Il est pratiquement 14 h 30 lorsque nous reprenons le chemin. Le sol est détrempé. La route sera plus sécurisante et plus courte. Au diable les regrets de ne pas prendre le sentier…

…A l’heure du coucher, observés de la chambre, les nuages prennent des tons orangés, roses, rouges. Comme si le temps maussade avait décidé un bouquet final avant de tourner la page. Un au revoir majestueux. Un enchantement visuel vous dis-je !! Cela ne dure que quelques minutes, mais quelle représentation, heureusement fixée sur quelques photos, Après cela, la nuit ne peut être que paisible.

Wolfgang, ce fut un moment aussi somptueux que l'Andante de ton 23ème concerto pour piano. Merci.




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