23 - Orédon 1852 m
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Hendaye - Banyuls, la grande traversée, par Gérard Filoche.
2e partie : Gabas - Les Granges d'Astau
23 - Orédon 1852 m
Extraits du livre.



Le baiser ...Comme hier, l’ouverture des paupières est à 7 h. Certains yeux ont pourtant encore toute la brume d’hier sur eux. Notre deuxième jour de repos. Dehors, il fait un soleil " embrouillardé " (Ne cherchez pas dans le dictionnaire, ne trouvant pas le bon mot, je l’ai créé), un beau temps en perspective, je le sens. La température ne dépasse pas 15°. Idéal.

Au programme d’aujourd’hui : la découverte du vallon d’Estibère par le col d’Estoudou à 2260 m, le Soum de Montpelat à 2474 m et retour par le col d’Aumar à 2399 m, les éternelles Laquettes avec toujours l’espoir de photographier les arbres…

…Le col n’est plus très loin, encore 100 m de dénivelé. Au sortir de la forêt, le soleil nous accueille simplement, chaleureusement. Il fait grand beau sur les hauteurs, nous sommes au dessus des nuages. Au col, à 2260 m, le paysage est encore une fois, à couper le souffle. Je vous le décrirais plus en détails du sommet du Montpelat. Les montagnes environnantes sont vêtues de brume jusqu'à mi-hauteur. Elles font penser à un vrai ballet de petits rats de l'opéra, avec leur tutu de tulle. Après une courte pause, nous prenons la direction de notre montagne du jour. Nous pouvons en deviner le sommet à 214 m au-dessus. Une trace assez peu marquée indique vaguement le chemin, mais nous pourrions croire à des traces de brebis. Ce qui s'avérera exact par la suite, en effet, nous sommes un peu bas par rapport au sommet. Alors il faut remonter par une belle pelouse pour déboucher enfin à 2474 m où un gigantesque caïrn nous attend. Il est 11 h 15. Une pierre symbolique y est ajoutée…

…Revenons donc à notre sommet, son caïrn et comme promis la description du paysage s'offrant à nos yeux émerveillés.

- Vous avez de quoi noter ?

Nous pouvons situer le point où nous sommes au centre de la Réserve du Néouvielle. Notre regard et le vôtre découvrent un panorama de 360° :

- Vers le Nord et le nord ouest, tout le vallon d'Estibère, peut être le plus secret de tous avec ses lacs nommés : de l'Ile, d'Anglade, de l'Ours et celui dit du Pé d'Estibère ou du Cascaret,

- Ensuite au loin, le col de Madamète à 2509 m franchi il y a quelques jours et la hourquette d'Aubert 2498 m. Entre ces deux cols plus en avant, les taches colorées en bleu-saphir et vert émeraude des lacs d'Aubert et d'Aumar.

- Le pic du Néouvielle ou d'Aubert 3091 m, ses glaciers, accompagné de ses petits : le Ramoun 3011 m et le Touron du Néouvielle 3025 m.

- Devant les divines Laquettes.

- A l'Ouest, sous le Touron, le lac de Cap de Long et son barrage, celui d'Orédon et son refuge, notre refuge, minuscule point au bord de l'eau.

- Au Sud-Ouest, le majestueux pic Long 3192 m, la pointe sévère du Campbiel 3173 m, L'Estaragne 3006 m, le pic Méchant 2930 m et le pic de Bugatet 2873 m, vers le sud.

La réserve du Néouvielle La boussole s'affolant un peu, nous voici remontant vers l'Est. Vous suivez toujours ?

- Au loin, non un peu moins, voilà, vous y êtes, les montagnes enneigées du Luchonnais avec les Gourgs Blancs 3129 m et les Spijeoles 3065 m et les seigneurs incontestés du massif versant en espagnol : La Maladetta et le pic d'Anéto, Everest des Pyrénées avec ses 3404 m.

- Franchement à l'Est, le lac de l'Oule caché par la crête d'Estoudou, celle là même que nous franchirons demain. C'est un point d'observation unique. Le temps est lumineux malgré les quelques nuages…tendrement représentatifs….

…Après la pause casse-croûte réparatrice, nous repartons. Il est 11 h 45, nous n'avons pas traîné avouez-le. Si la montée fut malgré tout assez relax, la descente qui nous attend a une toute autre allure. A priori, pas de chemin ; à croire que tous sont redescendus par l'aller. Que du vide, pas menaçant mais impressionnant. A notre vue, rien qu'éboulis apocalyptiques, rocailles dantesques dans un dénivelé à se demander s'il y a fond à tout cela. En fait, oui quand même il est bien là 300 m, plus bas. Le tout est de trouver un début de cheminement. Pas évident du tout !

…L'atmosphère dans le vallon est d'un calme étonnant. Le temps semble s'y être figé. Des rhododendrons très fleuris escortent nos pas silencieux. La quantité d'arbres morts aussi bien au sol que sur pied est impressionnante. Toutes les formes, pour toutes les imaginations. La photographe ne sait plus où donner de l'objectif.

Vers le lac d'Anglade, un petit arrêt nous permet d'admirer l'environnement de joncs et de roseaux bordant les rives. Les cascatelles pleurent doucement dans le lac, le déversoir rend son trop plein à son compère inférieur. Pourquoi se presser, apprécions, dégustons, savourons ces moments, que nous digérerons plus tard…

…Le col d'Aumar n'est plus très loin. Vers 14 h et à 2351 m nous le franchissons. Nos découvrons sous nos pieds, le site lacustre d'Aumar et d'Aubert…

…Nous retrouvons l'itinéraire parcouru voici deux jours, en arrivant. Au barrage d'Aubert, nous longeons la digue. Des marmottes batifolent avec insouciance en contrebas. Les jeunes de l'année s'amusent sans trop se préoccuper des passants que nous sommes. A bonne distance, de sécurité, le gardien marmotte surveille. Le temps est devenu bien maussade et franchement frais : 14°…

…Nous arrivons au chalet à 17 h 30. Réfléchissant sur la longue journée de demain, vers Saint Lary, j'envisage une autre possibilité que le GR 10 au moins sur la fin. Mais en fin de compte, je me résigne donc à nous faire affronter la descente infernale classée « hors catégorie », Vielle Aure à St Lary, même si je n'ai pas encore parlé de cette pente à mes amis...Chuuut !!

Une fois encore, le repas est à la hauteur de la réputation de la maison. La nuit assez paisible avant la reprise du parcours, demain...




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