42 - Arquizat, 739 m – Plateau de Beille, 1817 m
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Hendaye - Banyuls, la grande traversée, par Gérard Filoche.
3e partie : Les Granges d'Astau - Mérens
42 - Arquizat, 739 m – Plateau de Beille, 1817 m
Extraits du livre.

Dénivelé + 1117 m. Dénivelé – 1100 m. 17 km

Que la montagne est Beille… 1

Le plateau de Beille ...Sous un ciel qui a décidé de nous offrir ses plus beaux atours, notre réveil à 6 h 45 est à la hauteur de l'événement, radieux. Le petit déjeuner une demi-heure plus tard est apprécié, il va nous falloir des forces. Les sacs sont prêts et bien plus légers qu'à l'accoutumée. Pensez donc, pas de vêtements superflus, ni de pluie, ni contre le froid, juste la polaire les provisions (quand même) l'eau, et l'inévitable appareil photo. Mais, pas question de randonnée sans lui, (le sac), il fait corps à l'individu. C'est le compagnon indispensable raison de plus s'il est ainsi vidé de sa substance et de sa raison d'être…

…Pendant que mes amis se préparent, j'essaie de me repérer sur la carte, ce qui n'est pas évident. En balayant le paysage de la main, notre hôte nous avait dit que le GR passait au col, ce que je savais, et qu'il plonge dans la vallée, par là, à proximité !! Moi, je ne vois qu'une plage abandonnée, coquillages et crustacés, non ça c'est une chanson…mais plutôt ruisseau, galets et myrtilles, et toujours pas de marque blanches et rouges. Pour le moment nous suivons la piste, mais je veux absolument me situer sur la carte, nous sommes sur un très vaste plateau, ce n'est pas le moment de faire des kilomètres inutiles et ne pas choisir le bon chemin qui doit nous mener dans le fond du vallon…

…En fait, nous ne sommes pas au col qui se situe au dessus, au niveau d'une bergerie. Le GR est donc plus au S.O. En continuant cette piste, nous allons le rattraper dans un bon kilomètre. D'où nous sommes actuellement, nous profitons d'un paysage immense avec en arrière plan, les montagnes d'Andorre et le massif du pic de Rulhe, Au centre, nous pouvons voir le plateau de Beille où nous serons ce soir. Mais avant d'y parvenir, tout là haut, des plateaux aussi élevés que les vallées sont profondes et sans fond sont sur notre route…

…La piste arrive au niveau d'un troupeau de vaches grises. Nous récupérons enfin notre GR. Michel est rassuré, car sans balise, il est comme dans un brouillard épais qui tarde à se lever sur un matin d'hiver. (Cela n'a rien à voir avec le sujet, mais je trouve la parabole jolie)

Le plateau de Beille Le superbe plateau et son panorama à 360° nous laisse entrevoir que la journée sera chaude, très chaude. Le soleil a fourni ses plus beaux rayons au ciel bleu d'azur. Le vent a décidé de rester dans sa remise et ne participe pas aux festivités. Nous n'allons pas nous plaindre, surtout pas. J'imagine aisément cette journée par mauvais temps, brrr !!!

…Le balisage se perd alors dans des méandres ce qui nous obligent à quelques recherches sur le terrain. Puis vient un long couloir qui suit étroitement le ruisseau. Les sous bois sont superbes, les feuilles ocre apportent une lumière incroyable de douceur. Bien plus bas, nous arrivons à la Jasse du Sirbal, vaste pâture au pied du col de Sirmont. Une fois cet espace traversé, la montée commence. Rude, très rude et brutale ascension, heureusement à l'ombre. Ce col n'est que l'extrémité d'un simple plateau, un de plus, large de 700 m avec tout au bout…le plat principal. De vraies montagnes russes, sans les wagonnets pour y monter et de toutes les façons, j'ai horreur de cela. Beurk !! Nous sommes repartis pour deux heures de descente jusqu'au fond de la vallée et le pont de Coudènes à 1040 m. Si au début, le sentier reste à flanc, il oblique brusquement S.E puis entame une véritable plongée acrobatique vers un gouffre sans fond...

…Heureusement, tout à une fin et nous touchons le fond (de la vallée) les corps ont bien du mal à retrouver leur équilibre sur un sol plat…

…Le panneau indicateur note : plateau de Beille 3 h, cela décourage et donne un coup de bambou au moral. 3 h ! Tout d'un coup, j'ai l'impression que cette dernière rampe ressemble à mon Everest ; inaccessible…

…Je laisse mes amis finir leur repas et m'enfonce dans la jungle pyrénéenne…Depuis combien de temps suis-je parti ? Cela n'a pas d'importance, il faut monter, monter, monter… …En tendant l'oreille, j'ai l'impression d'entendre des pas derrière moi, des pas marquant le sol comme une locomotive sur ses rails. Au détour d'un lacet et profitant de son sol relativement plat, je m'arrête pour observer le phénomène. Mais, ce n'est pas un mais deux phénomènes qui arrivent. Dans cette montée coriace, Michel emmène un braquet et un rythme incroyables, aidé par ses deux bâtons synchronisés à l'idéal, Gérard le suit comme son ombre dans un mouvement tout aussi efficace… Cela n'a pas duré les 60 secondes. Je reste là planté comme un train de banlieue sur une voie de garage. Il faut continuer, surtout à mon allure, de toutes les façons nous allons au même endroit, alors, andiamo, pianissimo !!

…Encore quelques lacets qui sont vraiment un moindre mal par rapport à ceux qui précèdent et la Cabane d'Artaran est là à 1695 m. Il est 16 h 20. Michel est assis à l'ombre sur la grande pierre servant de banc devant cet abri de berger. Il a l'air vraiment au bout du rouleau. Cela ne m'étonne qu'à moitié, vu la vitesse à laquelle il est monté. Les esprits reposés, nous reprenons notre fin d'étape sur un chemin que nous devinons dans une pente très légère. Quelques personnes se promènent, cela veut dire que la station n'est pas loin…

…Ce que nous ne savons pas encore, c'est que demain sera sans doute une des plus belles étapes de notre troisième tronçon pyrénéen, mais attendez, ce n'est pas le moment, c'était pour vous appâter.

Que la nuit vous soit paisible. (Pas besoin de comptage de moutons) seule la présence amicale du chat de la maison, blotti sur la chaise à coté suffira à nous bercer.




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