34 - Le refuge d'Araing, 1950 m - Bouche, 700 m
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Hendaye - Banyuls, la grande traversée, par Gérard Filoche.
3e partie : Les Granges d'Astau - Mérens
34 - Le refuge d'Araing, 1950 m - Bouche, 700 m
Extraits du livre.

Dénivelé + 271 m. Dénivelé – 1521 m. 9 km

Araing ...L'aube naissante nous laisse espérer une journée de rêve. En altitude, les sensations ne sont pas les mêmes que dans la vallée. Nous sommes plus proches de la montagne, nous en ressentons ses moindres battements. Elle vit, partageons et acceptons humblement, ce qu'elle nous offre.

Aujourd'hui, l'étape est composée de plusieurs éléments bien distincts.

- 1 : Elle ne compte que 4 heures de marche effective. Voilà une première bonne chose.

- 2 : Gérard ira faire le sommet du pic de Crabère ; nous l'attendrons jusqu'à 11 h 30, pour lui laisser le temps de souffler.

- 3 : Un seul petit col au programme, mais une descente de 1500 m, raide, difficile et longue, jusqu'à Eylie-d'en-Haut ; vu le dénivelé, ce village pourrait s'appeler Eylie d'en bas, mais c'est encore plus bas…

- 4 : La seconde bonne nouvelle, est que le propriétaire du gîte de Bouche, situé dans la vallée de Bethmale, encore plus bas que bas, vient nous chercher à 17 h. Ce soir, nous quittons provisoirement le GR10. Nous le retrouverons demain à l'étang de Bethmale.

Araing Revenons à notre aube naissante, qui maintenant ne l'est plus vraiment et un petit déjeuner très classique pour un refuge où l'activité des randonneurs s'accélère avec le jour qui se lève. Il est vrai que le site regorge de randonnées très agréables.

Alors que Gérard se prépare à partir pour le pic de Crabère, dont le sommet est actuellement dans la brume, les appareils photos sont de sortie car ce matin, c'est un festival de couleurs. En direction de la vallée, les nuages forment une mer avec ses grosses vagues nuageuses. Plus haut en altitude, une autre zone de nuages se pare harmonieusement des rayons du soleil. Des tons fantastiques nous mettent en émoi, ils sont alors exprimés dans toute une gamme d'un orange pâlichon à l'orange sienne brûlé.

Ces instants magiques que la nature nous accorde ne sont exceptionnels que si l'on veut bien y ressentir l'émotion qu'ils dégagent. Ces moments intenses sont l'essence même du plaisir de marcher en montagne et de la randonnée dans ce massif pyrénéen qui m'est cher…

…En regardant vers le pic de Crabère, le soleil semble jouer avec les nuages qui rôdent au niveau du col. La photo capturée à ce moment là fait penser à un étrange volcan qui s'emblerait s'éclairer d'une lumière irisée. Quand je vous dis que ces instants sont privilégiés ! Seule la situation élevée nous permet de bénéficier de ces conditions rêvées, à jamais gravées dans la mémoire. Cet espace de temps est limité, aussi faut-il en profiter au maximum. Voilà ! La magie est passée, l'aube a terminé sa magistrale représentation multicolore…

…Voilà, nous sommes à nouveau réunis pour la suite des événements. En premier lieu, atteindre le col de la serre d'Araing à 2221 m que nous pouvions tout juste voir il y a encore 5 minutes. Un nuage coléreux est venu de la vallée nous boucher notre vue. Nous n'avons pas encore de purée de pois, mais la montée de ce col sera sans aucun doute réalisée sur le sentier, mais au jugé. Bien vite, il faut croire ce que nous devinions, c'est vraiment le coton. Sur le bas du col, nous devinons encore les lacets, mais en pleine pente, la visibilité est réduite à quelques mètres. Seules des ombres fantomatiques se meuvent avec délicatesse, car le sentier est pentu, glissant et très raviné. Prudence…

…Au début du XX ème siècle, cette vallée et en particulier ce versant furent le site d'une production du minerai de blende et de galène. Abandonnée en 1957, cette exploitation n'est plus que vestiges pour rappeler aux hommes et femmes d'aujourd'hui ce que fut cette richesse en son temps. Tout au long de notre descente nous croiserons, mines abandonnées, cabanes en pierres détruites, wagonnets et rails rouillés, pylônes et câbles ressemblant à des squelettes en mal d'effroi dans ce paysage embrumé. L'ambiance du lieu crée un véritable malaise, peut être le beau temps rend-il l'endroit moins triste ?

Toujours est-il que nous plongeons dans un paysage sans fond, où l'on ne sait plus vraiment ce que les mots soleil et horizontalité veulent dire. Dure période…

…Le film n'est pas encore « la descente infernale » joué par des acteurs (de talent) mais de passage, en tout cas, le scénario et les répétitions sont bien avancés. En fait la représentation durera encore plus de 2 bonnes heures et quelques minutes…De quoi se faire applaudir au baisser du rideau. (Il n'y aura hélas que peu de spectateurs). A quelques dizaines de minutes de la fin du film, Michel a décidé de nous jouer la scène finale de " la fuite en avant ". Le nom générique pourrait être " prendre la poudre d'escampette "…

…Bouche n'est qu'un lieu-dit avec quelques maisons joliment décorées. Le gîte où nous arrivons est très fleuri. Nous sommes les seuls occupants. Les lits sont répartis tout en longueur, dans des pièces en alcôve. Un rideau les sépare du couloir, c'est vraiment très coquet. Visiblement les propriétaires apportent beaucoup de soins à leur intérieur.

Le repas est prévu pour 19 h. C'est une pièce adorable que cette salle à manger ! Rien à voir avec les refuges, mais ce ne sont pas les mêmes critères. Nous sommes servis par nos hôtes et comme des coqs en pâte, nous dégustons avec délice les préparations maisons :

Au menu : La Rousole, plat ariégeois composé de farce, œufs, pain, lait, herbes (fines), et cuit comme une délicieuse omelette accompagnée de pommes de terre rissolées. Le fromage aux trois laits et le dessert.

Mazette ! Que c'est bon.

Quelle agréable soirée, une de plus…

Là, cette fois, je sens que la nuit sera complète. Allez à demain. Clic ! (la lampe).




L'ensemble du site, textes et photos, sont la propriété de © Gérard Filoche