54 - Vernet, 794 m - Mariailles, 1718 m
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Hendaye - Banyuls, la grande traversée, par Gérard Filoche.
4e partie : Mérens - Banyuls
54 - Vernet, 794 m - Mariailles, 1718 m
Extraits du livre.

Dénivelé + 924 m. Dénivelé - 100 m. 8km

Avant le Canigou

Marialles ...Enfin, le Canigou ! Si tout va bien, et il n'y a aucune raison que cela n'aille pas, ce soir nous serons au refuge de Mariailles, au pied du géant Catalan. Donc, pour ce faire, d'ici, nous allons prendre la direction du pic de la Pena à environ 1062 m d’altitude, histoire de se mettre en jambes, suivrons la crête au dessus de la vallée de Casteil, atteindrons la tour de Goa, une courte descente vers le col de Jou, où nous rattrapons le GR 10, puis la remontée vers le refuge susnommé. Je pense que 5 ou 6 heures de marche seront suffisantes pour ce parcours qui s'annonce d'ores et déjà, bien agréable.

Ah ! J'oubliais, les deux étapes qui viennent sont à portage intégral, car se sont deux refuges, l'un avant, l'autre après le Canigou l'autre à Batère, dans deux jours, donc les sacs sont un peu plus fournis et lourds, oh ! De quelques affaires...

…Le sentier débute derrière l'établissement thermal, il faut en vouloir pour le trouver. Le panneau marqué 2 h nous laisse perplexes, cela semble bien long. Quelques marches plus tard, il s'élève d'abord lentement dans la forêt aux odeurs de sapins et de feuilles mortes, puis la pente s'accentue franchement aux abords du pic de la Pena que nous contournons…

…Avant l'arrivée au plateau dominant toute la ville de Vernet, un passage rocheux assez revêche augmente un taux de transpiration déjà bien élevé pour une matinée. Le soleil nous gifle à la figure sur ce plateau. Notre sentier se dessine comme un long ruban, ondulant sur une crête verdoyante. Là bas, devant nous, nous apercevons la tour de Goa. Si tout va bien, nous y serons dans environ 1 h 30. Malgré la beauté du paysage et l'agréable météo, ce chemin semé de bosses, n'est pas une mince affaire.

A la hauteur du village de Casteil, situé en bas de la pente, là même où nous étions hier après midi, rappelez-vous, je cherche à repérer l'Abbaye de Saint Martin du Canigou. Vue d'ici, la montagne où elle est adossée semble un rempart imprenable, de plus, nous ne pouvons distinguer que le haut de son clocher, tout l'édifice est blotti derrière une petite colline. Les bâtisseurs avaient certainement bien des raisons de l'implanter à cet endroit. Comme il se dit : cela est une autre histoire…

…La vue englobe tout le Conflent, jusqu'au massif du Carlit, tout là-bas, bigre, que c'est loin ! Jujols n'est plus qu'un petit point qui brille au soleil. Le Canigou est si proche qu'il a disparu de notre champ de vision, englouti par les montagnes environnantes.

Quelques gorgées d'eau plus tard, nous repartons vers le col de Jou…100 mètres plus bas. Un chemin semble tracé dans l'axe de la pente, j'y engage ma troupe, mais je dois vite déchanter. Cela se transforme rapidement en terrain de cross et je pense plus raisonnable de remonter les quelques mètres déjà parcourus et de contourner le mamelon pour retrouver le vrai chemin…

…Au col de Jou, je fais d'une pierre deux coups, d'une part, je retrouve mes deux échappés et d'autre part le GR10 quitté depuis quelques jours. A partir d'ici, le refuge n'est plus qu'à 2 heures de marche. La piste forestière est là pour nous signaler que l'on peut aisément l’atteindre en 4x4 en partant de Vernet. Heureusement le GR s'en écarte pour emprunter les chemins de traverse. Au premier petit coin sympa, nous nous accordons la pause casse-croûte dis-je à mes affamés. Dans la configuration actuelle, il faut avancer un peu.

Sur la carte, j'ai repéré le col du Cheval Mort, peut-être un beau coin, attendons de voir. Mes affamés ont vu, c'est-à-dire rien ! Non seulement c'est un col bouché, mais en plus quasiment inaccessible. Que voulez-vous qu'ils fissent, qu'ils mourussent de faim ? Oui je sais...pas facile ces verbes…

…Au détour d'un virage, un de plus, un espace herbeux nous lance un clin d'œil. Ce n'est pas le top, mais il faudra bien s'en accommoder. Le refuge n'est plus qu'à une cinquantaine de minutes, il est 13 h 45, alors, bon appétit ! A 14 h 30, nous plions bagages et terminons le parcours sur la piste forestière, de toutes façons, le chemin n'existait plus. La forêt se dégage, et arrive la bifurcation vers le refuge. Un bâtiment moderne avec ses panneaux solaires, très utiles en pareil lieu. Quelques randonneurs sont sur la terrasse, bientôt nous serons à côté d'eux. Il est 15 h 30. Et voilà une belle journée qui ne se termine pas à la nuit, elle…

Marialles …Marie-Josée nous reçoit chaleureusement, elle est la gardienne de ce haut lieu. Après les recommandations d'usages, à notre demande, elle nous prépare quelques boissons chaudes suivant les goûts de chacun. Pour les emplacements de la nuit, c'est pour plus tard. En général dans les refuges, l'heure d'accès aux dortoirs se situe entre 16 h et 17 h. Nous en profiterons pour nous prélasser sur la terrasse. Accrochés aux rebords du refuge, des petits drapeaux de prière flottent au vent léger. Mais non, ce n'est pas le camp de base de l'Everest…

…L'heure du dîner approche, des randonneurs arrivent régulièrement et le placard à chaussures et bâtons ressemble à un vaste bric à brac. Heureusement toutes nos affaires sont regroupées, sinon, bonjour la pagaille. Le repas est mitonné par Marie-Josée elle-même, mais elle sera secondée dans le service par une autre personne. Au top départ, les trente six voraces d'un soir se précipitent à leurs tables respectives ! Eh oui, l'on ne se met pas n'importe où. Le bruit est assourdissant, il faut dire que les deux tables voisines sont réservées à deux groupes d'Espagnols Catalans, nous avons déjà connu cela au refuge de la Carança...

…Ainsi, nous nous retrouvons à table avec notre fidèle " commandant " et deux couples : allemande pour elle et sans doute tchèque pour lui, ainsi qu’un sud africain et sa compagne écossaise qui parle le français en lui traduisant tout ce qui se raconte. Donc, se trouve le coin français, le coin Catalan et le reste du monde. Il est très agréable de pouvoir partager nos connaissances et nouer quelques amitiés de randonnée…

…Il est 21 h 15, il est grand temps de demander au marchand de sable une partie de sa cargaison, et n'oublions pas, demain, notre lever à 6 h, le commandant veille...




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